« Gamède fait peur » ont titré les journaux locaux. Ce cyclone est passé deux fois à un peu plus de 200 km de l'île de la Réunion : il a effectivement fait peur. Considéré par Météo France comme la menace la plus sérieuse qu'ait connu l'île depuis trois ans, ce phénomène, particulièrement imposant de 1 000 km de diamètre a fait deux victimes et de nombreux dégâts. Il a occasionné pour la gendarmerie de la Réunion un engagement intense avec 75% de son effectif du vendredi 23 février au mercredi 28 février 2007.
Le préfet de la Réunion a déclenché la vigilance cyclonique le 23 février à 11 heures locales, en raison du rapprochement du cyclone, et le passage à « l'alerte orange » le samedi 24 à 08 heures. Les évolutions météorologiques ont conduit au déclenchement de « l'alerte rouge » le même jour à 21 heures avec un passage de la dépression à moins de 200 km de la Réunion.
Le Commandement de la gendarmerie (Comgend) de la Réunion avait anticipé les événements, préparé tout son dispositif et s'était placé en position de crise en renforçant les différents postes de commandement, en déployant les Véhicules blindés à roues gendarmerie (VBRG) sur les compagnies exposées de SAINT-BENOÎT (Est), SAINT-PAUL (Ouest) et SAINT-DENIS (Nord) et en vérifiant l'ensemble des moyens de transmissions.
Dès la fin du premier passage, alors que les dégâts occasionnés sur le réseau routier ont été très sévères (l'écroulement d'un des principaux ponts), les patrouilles ont assuré les reconnaissances d'axes. Dans le même temps, les unités spécialisées (section aérienne de la gendarmerie et peloton de gendarmerie de haute montagne) ont entrepris les premiers secours dans les cirques et sur les hauts de l'île.
Malgré des conditions climatiques exécrables, les gendarmes ont été omniprésents. Leur professionnalisme et leur courage ont permis le sauvetage d'une équipe d'ouvriers brusquement isolée par des crues spectaculaires d'une ravine à Saint-Benoît et l'escorte en pleine nuit d'un convoi de onze camions de matières énergétiques, absolument nécessaires au fonctionnement des centrales électriques, par les VBRG du Groupe de pelotons mobiles (GPM) de SAINT-DENIS.
Le mardi 27 à 07 heures, l'île a connu une légère accalmie. Toutefois les prévisions météorologiques indiquaient un possible « retour du cyclone ». Après un second passage moins intense, le 28 février à 18 heures, la préfecture a indiqué que tout danger était désormais écarté. La Réunion va pouvoir panser ses plaies.
Quelques chiffres : 2 586 m/m de pluie sur CILAOS, un creux de houle de 11,70 mètres à SAINT-DENIS, une pointe de vent à 212 km/h sur le MAÏDO, 73 000 foyers privés d'eau potable, 40 000 sans électricité, 150 relais de téléphonie mobile détruits, les trois axes majeurs difficilement praticables et un pont très important détruit, sans compter la route du littoral fermée...
La gendarmerie de la Réunion a montré, aux côtés des autres services de l'Etat, son engagement intense auprès de la population réunionnaise en assurant sans discontinuité les missions de secours, d'assistance et de sécurité publique générale. Le ministre de l'Outre-mer et le préfet lui ont témoigné, pour son action, la reconnaissance du gouvernement.